La délicieuse histoire des madeleines de Mamy Thérèse

Quatre petites syllabes qui, mises bout à bout, désignent une des gourmandises les plus célèbres de la gastronomie française. Oblongue et replète, cette pâtisserie en forme de coquillage est apparue au XVIIIè siècle en Lorraine. On raconte que c’est au cours d’un banquet donné au château de Commercy pour le roi Stanislas de Pologne, alors en exil, et devenu Duc de Lorraine par la grâce de son beau-fils, Louis XV, qu’elle fut inventée. Ce jour-là, une vive altercation sur la qualité du dessert vit le chef pâtissier, vexé, partir avec l’objet de la discorde. C’est alors qu’une modeste femme de chambre proposa, en toute hâte, une vieille recette de sa grand-mère. Le roi en fut tellement satisfait, qu’on décida de donner à ces douceurs fort appétissantes le prénom de cette servante providentielle.

Mais c’est au début du XXè siècle, que le gâteau rencontra sa vraie popularité. Proposée tout d’abord aux Nancéens venus en ballade le week-end aux abords de la Moselle, la madeleine fit ensuite son entrée au sein même des gares régionales. Les vendeuses en faisaient alors l’article à la criée et assuraient ainsi le spectacle aux voyageurs pris d’une petite faim, qui ne boudaient pas leur plaisir.

Mamy Thérèse, la gourmandise en héritage

À la même époque, dans un joli petit village de Lorraine, Auguste-François et Marie-Eugénie Cadix, boulangers-pâtissiers de profession, ravissaient eux aussi les papilles de leur clientèle grâce à de délicieuses madeleines, réputées bien au-delà du canton. Par la suite, leur belle-fille Thérèse, cuisinière accomplie et grand-mère attentionnée, fit profiter quelques rares privilégiés de la précieuse recette, dont le tout jeune Jacques Mercier, son petit-fils. Ah, quelles étaient savoureuses et fondantes les madeleines de Mamy Thérèse ! Certes, Mamy Thérèse avait parfois un petit côté dure à cuire, et faisait parfois preuve d’une certaine fermeté, mais malgré ce caractère bien trempé, elle n’en était pas moins très attachante et aimante.

Une saveur unique est encore meilleure lorsqu’elle se partage

C’est bel et bien ce souvenir Proustien qui anime aujourd’hui Jacques Mercier, encore enivré par les effluves de madeleines chaudes, tout juste sorties du four de Mamy Thérèse. Plus que jamais, il souhaite faire partager cette promesse d’un véritable régal qui le fait encore et toujours saliver. Alors quand ce responsable de communication ayant œuvré pendant 20 ans à la valorisation des produits agricoles français partout dans le monde rencontre Benoît Molin, chef pâtissier reconnu et proche collaborateur de Gaston Lenôtre, c’est le déclic. À eux deux, c’est décidé, ils vont faire redécouvrir la vraie madeleine, celle qui allie qualité irréprochable, fraîcheur et saveur inégalée.

Mieux, ils vont lui rendre ses lettres de noblesse en la réinventant à travers de nombreuses recettes sucrées et salées, toutes plus appétissantes et créatives les unes que les autres. Mirabelle et bergamote bien sûr, en hommage aux origines du produit, mais aussi citron, réglisse, pavot, tomate, pesto, et même piment d’Espelette… autant de saveurs délicates et originales que n’aurait sûrement pas reniées la désormais célèbre Mamy Thérèse !